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Publié par Ginette Salvas

 

GAGNANTE DU PREMIER PRIX DU CONCOURS D’ÉCRITURE 2010

 

Lettre à mon patron

 

par

 

Josée Desjardins

Adjointe administrative

Montréal (Québec) 

Introduction

 

J’aurais facilement pu partager avec vous une mauvaise expérience de travail ou vous raconter des anecdotes plus croustillantes les unes que les autres. Croyez-moi, ce n’est pas l’inspiration qui aurait manqué. J’ai plutôt opté pour une merveilleuse expérience de travail qui sera beaucoup plus difficile à mettre sur papier. Pourquoi? Parce que je veux ici rendre hommage à Mario, une personne extraordinaire pour laquelle je travaille depuis maintenant 7 ans et que j’espère trouver les mots justes pour décrire le plaisir que j’éprouve à travailler pour et avec lui. Plutôt que de vous décrire Mario et mon expérience de travail en vous relatant des faits, des anecdotes, j’ai décidé d’écrire une lettre à Mario en y mentionnant tout ce que j’aimerais lui dire de vive voix.

 

Lettre à Mario

 

Mario, vous rappelez-vous quand j’ai commencé à travailler pour vous il y a de cela 7 ans? J’étais très intimidée par vous et je ne savais pas si j’allais réussir à répondre à vos attentes. Bref, je manquais de confiance en moi. Après tout, vous étiez le président de la compagnie et, malgré votre apparente gentillesse, je ne savais pas trop à quoi m’attendre.

 

Au fil des ans, j’ai acquis plus de confiance et d’expérience. Je me sens maintenant tout à fait à ma place en tant que votre adjointe. C’est vraiment une joie de travailler pour vous.

 

Ce que j’apprécie le plus de vous, c’est votre calme. Comme je suis moi-même d’un tempérament nerveux, votre calme m’apaise beaucoup en période de stress. Quand je suis près d’éclater tellement je suis stressée, quand je pense que je n’arriverai pas à rencontrer les échéances tellement il y a de travail, vous n’avez qu’à me parler quelques minutes pour que je retrouve mon calme. J’ai déjà travaillé pour certaines personnes, qualifions les de «paquets de nerfs», qui ne faisaient rien pour atténuer la tension que je ressentais, au contraire. Donc, un premier merci à vous pour votre calme.

 

La motivation maintenant. Tout comme le fait de m’asseoir dans votre bureau et de tout simplement discuter avec vous des tâches à accomplir et des échéances à rencontrer me calme (étrangement), je retrouve également ma motivation qui, quelquefois je l’avoue, se trouve ensevelie sous la charge de travail. Également, quand vous partez en voyage d’affaires, je dois vous dire que je ressens un immense soulagement lors de votre première semaine d’absence car j’ai enfin la possibilité d’accomplir certaines tâches que j’avais laissées de côté par manque de temps. Par contre, dès le début de la deuxième semaine, je commence à perdre graduellement ma motivation. Que voulez-vous. C’est comme ça. Je ne crois pas que ça soit conscient de votre part, mais sans le vouloir, vous me calmez et me motivez. Un deuxième merci pour la motivation que vous m’inspirez.

 

J’apprécie également le fait que quand je fais une erreur, vous me le dites sur le champ. Bien sûr, je n’aime pas me faire dire que je fais des erreurs, moi qui aspire à être parfaite. Blague à part, je préfère l’apprendre tout de suite que de réaliser quelques temps plus tard que mon patron ressent de la frustration accumulée parce qu’il n’a pas réussi à me mentionner les erreurs que j’avais commises. Un troisième merci pour votre franchise.

 

Quand je vous pose une question, que je demande votre opinion ou que je vous soumets un problème, vous me répondez rapidement, ce que j’apprécie au plus haut point. Pas de perte de temps et surtout pas de procrastination. Un quatrième merci pour votre efficacité et les décisions que vous prenez rapidement sans toutefois que ça soit trop hâtif et non réfléchi.

 

Grâce à votre sens de l’humour, discret et bien dosé, vous me rappelez que le travail n’est pas nécessairement synonyme d’austérité et de discipline. On peut tout aussi bien performer en ne se prenant pas trop au sérieux. Un cinquième merci pour votre sens de l’humour.

 

à plusieurs reprises, vous m’avez offert des billets de spectacles que j’ai acceptés avec plaisir. Pour votre générosité, un sixième merci.

 

Voilà maintenant presque trois ans que vous avez appris que vous étiez atteint d’un cancer. Je ne vous ai jamais vu découragé ou abattu par les événements. Fatigué, oui bien sûr, les traitements de chimiothérapie y étant pour beaucoup. Quand il me prend des envies de me plaindre, je pense à vous qui combattez cette sournoise maladie depuis le début de l’année 2007. Un septième merci à vous pour la leçon de courage quotidienne.

 

Bon, je crois que je vous ai assez encensé. Je ne voudrais pas que les lecteurs vous croient parfait. La perfection est ennuyante de toute façon. Maintenant, voici ce que vous pourriez améliorer :

 

Vous m’invitez à luncher environ trois fois par année. Si une rencontre de dix minutes dans votre bureau me redonne entrain et motivation, imaginez ce qu’un lunch au restaurant me procure. Lors de ces trop rares occasions, j’ai enfin l’opportunité de prendre le temps de vous dire ce qui va bien et ce qui va moins bien au bureau. Alors, je décrète qu’avec un lunch par mois, je serais constamment motivée. La balle est dans votre camp.

 

Vous procédez à l’évaluation de ma performance une fois par année et cette rencontre s’avère toujours positive, à mon grand bonheur. Ne vous gênez pas pour me dire plus souvent que vous êtes satisfait de mon travail. Ça fait toujours du bien à entendre.

 

Sincèrement, je n’ai plus rien à ajouter dans la catégorie «points à améliorer».

 

Mario, le jour où vous partirez à la retraite, ce qui est la seule option de départ envisageable, étant donné que je suis certaine que vous réussirez à prendre le dessus sur la maladie, vous me manquerez énormément et je devrai faire de gros efforts pour m’adapter à la personne qui vous remplacera.

 

Mario, merci de m’avoir appris que le calme, la motivation, la franchise, l’efficacité, le sens de l’humour, la générosité et le courage sont des qualités que l’on peut retrouver chez une même personne. J’aspire de tout cœur à posséder au moins la moitié de ces qualités un jour. J’y travaille fort.

 

Mario, merci pour tout!

 

Josée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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